Délit de solidarité : les projets de l’Union européenne

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L’arrivée d’un nombre plus important d’exilé-e-s en Europe a provoqué un élan de solidarité, des volontaires se mobilisant de Calais à la Grèce, tandis que des moyens privés de sauvetage en mer se mettaient en place pour pallier aux carences des État et de l’Union européenne.

En lien avec la mise en place des hotspots en Grèce et en Italie, principaux pays d’entrée dans l’Union européenne, celle-ci veut contrôler cette solidarité, et criminaliser celle qui ne serait pas contrôlée.

C’est ce que révèle l’ONG Statewatch à partir de documents de travail de l’Union européenne :

http://www.statewatch.org/news/2016/jan/eu-med-crisis-criminalising-civil-society.htm

Voir aussi un article en français :

http://fr.newsmonkey.be/article/960

Il s’agit de faire disparaître du cadre européen la référence à la non-pénalisation de l’aide humanitaire, contraindre les associations et les volontaires à s’enregistrer pour aider, relier le sauvetage en mer avec les hotspots, c’est-à-dire faire collaborer les aidants solidaires au fonctionnement des centres de tri qui ont pour fonction de déterminer de manière sommaire qui relève de l’asile et qui doit être expulsé du territoire européen.

Ces mesures sont déjà en œuvre en Grèce depuis ce mois de janvier. Elle font écho à l’aggravation des pressions sur les aidants solidaires en France (voir ici, ici, ici et ).

 

Pétition : Migrantes et migrants : répression à Calais, mort en Méditerranée

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Une pétition initiée par Section LDH de l’EHESS, Collectif de soutien de l’EHESS aux sans papiers et aux migrant-es et qui peut être signée en ligne ici :

http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/migrantes-migrants-nbsp-repression-944.html

« Un appel à Monsieur Bernard Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur et à Monsieur Manuel Valls, Premier Ministre

3419 migrantes et migrants morts en Méditerranée en 2014, 300 dans la seule seconde semaine de février 2015 au large de Lampedusa : s’y sont ajoutés 400 disparus le deuxième week-end d’avril, 40 nouveaux morts mercredi dernier et 700 naufragés ce troisième week-end, tel est le dramatique bilan de la politique de fermeture des frontières menée par l’Union Européenne, de Ceuta et Mellila en face de Gibraltar au fleuve Evros en Grèce du Nord. La France n’échappe à cette politique d’érection de barrières physiques et répressives opposées à migrantes et migrants. Non pas en Méditerranée, mais à Calais où tous les campements de fortune de migrants viennent d’être évacués pour être réunis loin de tout, dans un « bidonville d’Etat » soumis à un constant contrôle policier. »

Texte de la pétition

« La politique concertée de rejet des migrants et des migrantes menée par l’Union européenne a provoqué, depuis le tournant du siècle, la mort de plus de 22000 migrantes et migrants en Méditerranée. Le nombre des disparus pour ce seul début du mois d’avril 2015 s’élève à plus de 1100. Quant aux survivants, ils sont confinés dans des camps de rétention quand ils ne sont pas jetés à la rue dans le dénuement le plus total ou quand il ne sont pas regroupés dans une « bidonville d’Etat » comme c’est le cas désormais hors de Calais.

Ne faut-il pas dénoncer un crime contre l’humanité tel que le définissent les conventions internationales que la France a signées ?

Quoi qu’il en soit, depuis l’été dernier les associations de soutien aux migrants actives à Calais n’ont fait qu’appeler l’attention des autorités politiques et du public sur les conditions d’insoutenable insalubrité et de promiscuité inadmissible régnant dans d’aléatoires campements de fortune, régulièrement évacués et détruits par les forces de police.

À notre tour nous demandons à Monsieur Bernard Cazeneuve, Ministre de l’intérieur (avec copie à Monsieur Manuel Valls, Premier Ministre), qu’il fasse cesser à Calais et dans le Calaisis toutes les mesures répressives prises à l’égard de migrantes et des migrants, et qu’à l’égard de ses collègues de l’Union européenne il tienne enfin les engagements humanitaires pris à l’issue de sa visite du 3 novembre 2014 à Calais même. »

Plus d’infos

« Un récent rapport de Human Rights Watch1 a dénoncé les conditions de survie imposées aux quelque 2500 migrants qui, à Calais et dans le Calaisis, attendent soit une opportunité de passer clandestinement en Angleterre, soit l’incertain résultat d’une demande d’asile déposée en France : le dénuement total dans une situation d’extrême précarité est accompagné de mesures policières répressives, entre passages à tabac, attaques au gaz lacrymogène et destructions des squats. S’y ajoutent les expériences traumatisantes que l’on peut s’imaginer dans le passage aléatoire de la Méditerranée et au cours de la traversée risquée de l’Europe. Aux Afghans et aux Irakiens ont maintenant succédé Soudanais, Erythréens et Syriens ; de ces derniers, victimes de la répression du régime de Bachar el Assad et de Daech, les pays de l’Union européenne n’acceptent que des contingents extrêmement restreints. Migrants « illégaux » sans doute, mais aussi réfugiés dont le seul crime est d’avoir fui des situations de guerre, de répression et de dénuement extrêmes. Pour toutes et pour tous, ce sont les droits individuels et sociaux de l’homme les plus élémentaires qui sont bafoués, dans l’indifférence générale. Privé de moyens de subsistance, privé d’identité statutaire, sociale, psychique et affective, discriminé et condamné à la rue, quand ce n’est pas à la décharge publique, le migrant est soumis à la seule logique du rejet et de l’expulsion.

Interpellé sur la situation des migrants à l’issue de sa propre visite le 3 novembre dernier, le Ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a répondu par l’intermédiaire de son chef de cabinet, Gabriel Kunde. Il mentionne tour à tour un « plan européen pour la gestion des flux migratoires » avec l’établissement de règles communes quant à l’asile et un soutien aux pays d’origine et de transit des migrants ; le fond commun de 15 millions d’euros débloqué par la Grande Bretagne pour « sécuriser » le port, pour lutter contre les « filières criminelles » et pour « l’aide humanitaire aux migrants » ; des travaux interministériels pour la création à Calais même d’un nouveau centre d’accueil (site Jules Ferry) ; et finalement des mesures pour faciliter les demandes d’asile en France.

Dans les faits, le plan européen s’est traduit par l’opération « Triton » de contrôle renforcé et de répression des migrants en Méditerranée (cette opération est en partie responsable des nouveaux morts enregistrés depuis février dernier) ; le fonds anglais servira surtout à ériger à Calais une barrière infranchissable analogue à celles de Mellila et Ceuta ; le centre d’accueil s’avère n’avoir qu’une capacité limitée à 400 personnes, offrant un abri précaire uniquement pour la journée ; et désormais les places d’hébergement supplémentaires promises aux demandeurs d’asile se sont limitées au déplacement de cette population précarisée sur un terrain vague, couvert de déchets. Cette évacuation de Calais s’inscrit à la fois dans la ligne de la multiplication des évacuations visant les Rroms en France et dans la politique de bouclement des frontières conduite par l’Union européenne à l’égard de migrantes et migrants dans la détresse.

Ainsi la guerre contre les migrants se poursuit, avec cynisme. De même que les rRoms, les victimes de faits de guerre et de répression dans les pays voisins de l’Europe, quelle que soit leur culture, quelle que soit leur religion, sont offerts en cibles toutes désignées pour le ressentiment d’une population résidente précarisée par la dégradation des conditions de travail et par le chômage. La discrimination dont migrantes et migrants sont les victimes entretient une xénophobie implicite et indifférente, inscrite dans l’ordre admis des inégalités de ce monde.

La politique concertée de rejet des migrants et des migrantes menée par l’Union européenne a donc provoqué, depuis le tournant du siècle, la mort de plus de 22000 migrantes et migrants en Méditerranée. Quant aux survivants, ils sont confinés dans des camps de rétention quand ils ne sont par jetés à la rue dans le dénuement le plus total. Ne faut-il pas dénoncer un crime contre l’humanité tel que le définissent les conventions internationales que la France a signées ? 2

Quoi qu’il en soit, depuis l’été dernier les associations de soutien aux migrants actives à Calais n’ont fait qu’appeler l’attention des autorités politiques et du public sur les conditions d’insoutenable insalubrité et de promiscuité inadmissible régnant dans d’aléatoires campements de fortune, régulièrement évacués et détruits par les forces de police.
À notre tour nous demandons à Monsieur Bernard Cazeneuve, Ministre de l’intérieur, qu’il fasse cesser à Calais et dans le Calaisis toutes les mesures répressives prises à l’égard de migrantes et des migrants, et qu’à l’égard de ses collègues de l’Union européenne il tienne enfin les engagements humanitaires pris à l’issue de sa visite du 3 novembre 2014.

Section LDH de l’EHESS
Collectif de soutien de l’EHESS aux sans papiers et aux migrant-es
signatures individuelles via Cyber@cteurs

1 http://www.hrw.org/fr/news/2015/01/20/france-les-migrants-et-les-demandeurs-dasile-victimes-de-violence-et-demunis   ; voir « Le Monde » des 21.1. et 13.2.15.

2 Rappelons qu’au-delà de l’extermination, de la réduction en esclavage, de la prostitution forcée, de la persécution d’un groupe ou du recours systématique à la disparition forcée, l’article 7 du « Statut de Rome » de la Cour pénale internationale (17.7.1998) désigne également comme crime contre l’humanité « les autres actes inhumains (…) causant de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité »

 

23 AVRIL : MARCHE SILENCIEUSE À BRUXELLES

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Naufrages en Méditerranée : Migreurop soutient l’appel à la marche silencieuse organisée par les associations belges à Bruxelles ce 23 avril 2015

 

Marche silencieuse

Jeudi 23/04/15  

RDV à 11h Place de la Liberté

 

En l’espace d’une semaine, 1000 personnes sont décédées en tentant de traverser la Méditerranée en quête d’un avenir plus sûr. En réponse à ces nouveaux drames, les chefs d’États et de gouvernements de l’UE se réuniront en sommet extraordinaire ce jeudi à Bruxelles, au risque de renforcer toujours plus la répression et les contrôles aux frontières.
Pour appeler l’Europe à adopter une approche humanitaire plutôt que sécuritaire, le CIRÉ, Vluchtelingenwerk, le CNCD-11.11.11, la Ligue des droits de l’homme, Bruxelles Laïque, Médecins du Monde, Amnesty International, la FGTB, la coordination des sans-papiers et le Front d’action des migrants organisent une marche silencieuse et un rassemblement ce jeudi 23 avril 2015 de 11h à 13h30 Place de la Liberté, à Bruxelles.

 

Nous vous invitons toutes et tous à nous rejoindre!

 

Infos pratiques:


11h: rendez-vous Place de la Liberté (arrêt Madou)
11h30: départ de la marche (voir itinéraire ci-dessous)
12h30: arrivée de la marche au croisement de la rue Stevin et de la rue de Cortenberg
12h30 – 13h30: rassemblement, point presse et prises de parole
Merci de venir habillés en noir et de diffuser largement cet appel !

 

***

 

Shipwrecks in the Mediterranean Sea: Migreurop supports the Appeal to the silent march organized by the Belgian associations in Brussels on this April 23rd, 2015

 

Silent March

Thursday 23rd April, 2015

Appointment 11 am, Place de la Liberté

 

Within a week, 1000 persons died trying to cross the Mediterranean Sea in search of a safer future. In answer to these new dramas, the Heads of Eu’s states and governments will meet in extraordinary summit on Thursday in Brussels, at the risk of strengthening again the repression and the border controls.

 

To call Europe to adopt a humanitarian rather than security approach, the CIRÉ, Vluchtelingenwerk, the CNCD-11.11.11, la Ligue des droits de l’homme, Bruxelles Laïque, Médecins du Monde, Amnesty International, the FGTB, la coordination des sans-papiers and the Front d’action des migrants organize a silent march and a gathering on Thursday, April 23rd, 2015 from 11 am till 1:30 pm Place de la Liberté, in Brussels.
We invite you all to join us!

 

 Practical informations:


11 am: Appointment Place de la Liberté (arrêt Madou)
11:30 am: Departure of the March (see itinerary below)
12:30 am: Arrival of the March at the crossing of Stevin street and de Cortenberg street
12:30-13:30 pm : Gathering, press spot and speeches
Thank you for coming dressed in black and to disseminate widely this appeal!

 

migreurop_observatoire_frontieres-c6594

 

[FR] http://www.migreurop.org/article2597.html


Migrants en Méditerranée, 32 organisations à travers l’UE en appellent au Conseil européen

Bruxelles, le 22 avril 2015

 

Les organisations signataires ont pris connaissance avec consternation des décisions adoptées ce lundi 20 avril par le Conseil des ministres de l’UE.

 

A l’exception d’un engagement réaffirmé de faciliter la réinstallation de réfugiés et de développer les initiatives de relocalisation, le Conseil s’enferme dans une rhétorique qui non seulement a apporté la démonstration de son inefficacité mais conduit à des drames humains croissants aux frontières maritimes de l’Europe. Devant les tentatives des migrants de sauver leur vie et leur liberté en tentant d’atteindre l’Europe, parce que c’est la terre d’asile la plus proche d’eux, on attendait des ministres des États membres qu’ils prennent des mesures d’urgence. Le seul objectif qui vaille, dans ces circonstances, c’est d’assurer l’acheminement sécurisé de ces exilés.

 

Mais, témoignant d’un entêtement aveugle, le Conseil des ministres en a décidé autrement.  Non seulement, les moyens de Frontex seront, une fois de plus, accrus mais les pays tiers, voisins de la Libye seront mis à contribution. En somme, les réfugiés érythréens, soudanais, syriens, notamment, n’auraient pas leur place sur notre territoire…

 

Nos organisations estiment que, ce faisant, l’Union européenne engagerait explicitement sa responsabilité dans les disparitions de migrants en Méditerranée. C’est pourquoi elles en appellent au Conseil européen qui se réunit le 23 avril.

 

Elles attendent du Conseil européen qu’il renoue avec l’engagement qui, il y a un peu plus de quinze ans, avait ouvert la voie à « une Union européenne ouverte et sûre, pleinement attachée au respect des obligations de la Convention de Genève sur les réfugiés et des autres instruments pertinents en matière de droits de l’homme, et capable de répondre aux besoins humanitaires sur la base de la solidarité ».

 

L’Union européenne n’a pas d’alternative, sinon affronter la réalité : des milliers d’exilés ont impérativement besoin de trouver un abri. En vertu de son histoire, en application des principes sur lesquels elle a fondé sa construction, en respect de ses engagements internationaux, l’UE se doit non seulement de les accueillir mais de mettre en œuvre toutes les mesures utiles pour sécuriser leur voyage vers nos frontières. Cela suppose, au-delà du nécessaire devoir de sauvetage de celles et ceux qui sont contraints de prendre des risques inouïs pour traverser la Méditerranée, de prévoir l’ouverture de voies légales de migration pour leur éviter d’avoir à mettre leurs vies en danger.

 

Il appartient au Conseil européen d’en décider ainsi. Les organisations signataires lui en font la demande expresse.

 

******

 

[EN] http://www.migreurop.org/article2598.html

 

Migrants in the Mediterranean, 32 organisations across the EU appeal to the European Council

 

Brussels, 22 April 2015

 

The signatory organisations are dismayed to learn of the decisions adopted on Monday 20 April by the EU Council of Ministers.

 

Other than restating a commitment to facilitate the resettlement of refugees and develop relocation initiatives, the Council confines itself to a rhetoric that has not only demonstrated its ineffectiveness, but has led to growing human tragedies at Europe’s maritime borders.

As migrants strive valiantly to save both their lives and their freedom by attempting to reach Europe, because it is the land of refuge closest to them, we expected the ministers of the Member States to take emergency measures. The only worthy goal in these circumstances is to ensure the safe transit of these exiles.

 

But, in a display of blind obstinacy, the Council of Ministers has decided otherwise. Not only will Frontex be given even more powers, but third countries — Libya’s neighbours — shall be mobilised. In short, there will be no room for refugees from Eritrea, Sudan, and Syria, in particular, on our territory.
Our organisations consider that in doing so, the European Union would explicitly assume responsibility for the deaths of migrants in the Mediterranean sea. For this reason, we are appealing to the European Council as it meets on 23 April.

 

We ask the European Council to reestablish the commitment that, a little over fifteen years ago, paved the way for “an open and secure European Union, fully committed to the obligations of the Geneva Refugee Convention and other relevant human rights instruments, and able to respond to humanitarian needs on the basis of solidarity.”

 

The European Union has no other choice but to face reality: thousands of exiles absolutely need to find shelter. By virtue of its history, in application of the principles upon which it based its construction, to honour its international commitments, the EU must welcome them and, furthermore, introduce the necessary measures to secure their voyage towards our borders. This implies not just the essential duty of rescuing those who take incredible risks to cross the Mediterranean, but to open up legal means of migration so that they need not place their lives at stake.

 

It is up to the European Council to make such decisions. The signatory organisations are explicitly calling upon the Council to do so.

 

 

Signataires/signatories:


Action Luxembourg Ouvert et Solidaire – Ligue des Droits de l’Homme (ALOS – LDH)

Asociación Pro Derechos Humanos de Andalucía (APDHA)

Association de Soutien aux Travailleurs Immigrés – Luxembourg (ASTI)

Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme (AEDH)

Associazione Ricreativa e Cultutale Italiana (ARCI)

Borderline Europe

Centre de Recherche et d’Information pour le développement (CRID)

Enda Europe

European Federation of National Organisations Working with Homeless People (FEANTASA)

Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s (FASTI)

FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme)

Fondation France-Libertés

Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations (FORIM)

France Amérique Latine (FAL)

Groupe d’Information et de Soutien des Immigré.e.s – France (GISTI)

Institut de Drets Humans de Catalunya (IDHC)

International Catholic Migration Commission (ICMC)

KISA – Action for Equality, Support, Antiracism

Le Mouvement de la Paix – France

Le Syndicat de la magistrature – France

Lega Italiana Dei Diritti Dell’ Uomo (LIDU)

Liga Voor de Rechten van de Mens (LVRM)

Liga voor Mensenrechten (LVM)

Ligue des droits de l’Homme – Belgique (LDH)

Ligue des droits de l’Homme – France (LDH)

Ligue Hellénique des droits de l’homme (LHDH)

Ligue Suisse des droits de l’Homme – section Genève (LSDH)

Malta Association of Human Rights (MAHR)

Migreurop
Österreichische Liga Für Menschenrechte – OLFM

Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme (REMDH)

Solidar

 

NAUFRAGES EN MÉDITERRANÉE : COMMUNIQUÉ DE BOAT 4 PEOPLE

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« Méditerranée : les naufrages meurtriers de migrants ne sont pas une fatalité !

Communiqué Boats4people
16/04/2015

400 personnes ont perdu la vie au large des côtes italiennes dans un naufrage survenu dimanche 12 avril 2015. Un drame qui surpasse celui d’octobre 2013 où 366 migrants s’étaient noyés près de Lampedusa.

Comment expliquer qu’un an et demi après cette tragédie de 2013, qui avait pourtant suscité l’indignation de l’Union européenne (UE), des chefs d’Etats et de gouvernements, de tels drames se reproduisent ? Comment expliquer que l’année 2014 a été la plus meurtrière pour les migrants en Méditerranée, avec plus de 3 500 morts et disparus, soit cinq fois plus qu’en 2013 ?

Le nombre de personnes tentant la traversée de la Méditerranée a considérablement augmenté. Ils étaient plus de 200 000 en 2014 selon le HCR, soit trois fois plus qu’en 2011. Ils fuient des pays comme l’Érythrée, la Syrie, la Libye ou encore la Palestine ; des zones de conflit ou des pays où les droits humains sont bafoués. Dans ce contexte, il est indécent que les Etats européens continuent de se fixer comme objectif principal d’empêcher les personnes d’accéder à leur territoire avant celui de sauvetage et de protection. Il est inconcevable que les morts et disparus aux portes de l’Europe se banalisent, comme s’il s’agissait d’une fatalité.

En prétendant agir pour réduire les naufrages et sauver des vies, l’UE et ses États membres n’ont fait que verrouiller, avec la politique des visas, l’aide de l’agence Frontex ou du système de surveillance Eurosur, l’accès à leur territoire, notamment par la voie maritime, y compris à ceux qui ont besoin d’une protection et demandent l’asile.

Ainsi, en toute connaissance de cause, à la fin de l’opération italienne de sauvetage en mer Mare Nostrum fin 2014, l’UE et ses Etats membres dont l’Italie ont mis en place l’opération de surveillance des frontières Triton, coordonnée par Frontex , dont la mission première est de contrôler les « flux » et non de sauver des vies. Avec l’opération Mare Nostrum, l’Italie semblait avoir amorcé une approche différente, respectant ses obligations internationales en termes de sauvetage en mer. Cette approche aurait pu être déployée par  l’ensemble des États membres, et des milliers de morts auraient ainsi été évitées.

Les chefs d’États et les instances européennes ne peuvent pas, en désignant les passeurs comme étant à l’origine des naufrages qui se produisent en Méditerranée, se défausser ainsi de leur responsabilité ; car les migrant.e.s ne recourraient pas aux services des passeurs s’ils pouvaient voyager de façon régulière. Celles et ceux qui montent à bord de fragiles embarcations pour traverser la mer sont celles et ceux à qui sont refusés des visas et le droit à circuler librement.

Il est urgent de changer radicalement l’orientation des politiques d’asile et d’immigration de l’UE,  en fixant comme objectifs prioritaires le respect des droits des migrant.e.s et de l’obligation de secours en mer et l’accès des personnes en besoin de protection au territoire européen.

Le droit à la liberté de circulation est une revendication que les traversées de la Méditerranée portent et continueront de porter ; il faudra bien que l’Union européenne finisse par l’entendre.

Boats4people est une coalition d’organisations dont sont notamment membres :

L’AME (association malienne des expulsés), ARCI (associazione ricreativa culturale italiana), ARACEM (association des rapatriés d’Afrique centrale au Mali), la CIMADE, la FASTI (Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés), le FTDES (Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux), le GADEM (groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants), le GISTI (groupe d’information et de soutien aux immigrés), le réseau euro-africain MIGREUROP, etc.

http://www.boats4people.org
facebook.com/boats4people

Autres signataires : ATMF (association des travailleurs maghrébins en France), FTCR (fédération des tunisiens pour une citoyenneté des deux rives), ACORT, (assemblée citoyenne des originaires de Turquie) »

 

Boat 4 people logo

 

GLOBAL DETENTION PROJECT : LA LIBYE

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La Libye est un pays pétrolier, pas l’un des principaux, mais c’est quand même important eu regard à sa population. Le développement économique fqit appel à des travailleurs immigrés en grand nombre. Cette réalité croise le souci de l’Union européenne de bloquer la venue d’exilés, en particulier de réfugiés, qui peuvent transiter par la Libye.

Sous l’impulsion, et avec le financement de l’Union européenne, se crée un système de répression de l’immigration dite « clandestine », avec notamment des camps de rétention.

À noter par exemple que le travail obligatoire des personnes enfermées dans les centres de rétention financés par l’Union européenne est prévu par une loi de 2010.

À noter que les violences qui sont montrées dans les maisons des passeurs se déroulent dans un pays où l’Union européenne forme des gardes-frontières, finance des équipements, des centres de rétention et des gardes-côtes.

À lire ici :

http://www.globaldetentionproject.org/countries/africa/libya/introduction.html

 

 

PRENDRE LES EMPREINTES PAR LA FORCE : DISCUSSIONS EUROPÉENNES SUR L’IDENTIFICATION SYSTÉMATIQUE DES EXILÉS

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L’union européenne continue ses initiatives pour empêcher les réfugiés d’atteindre les pays susceptibles de les accueillir.

Les processus de Rabat et de Khartoum pour les bloquer avant leur arrivée en Europe.

Les pressions de Frontex, qui prend le relais du gouvernement britannique appuyé par le gouvernement français, pour arrêter le sauvetage des boat people en Méditerranée.

Statewatch dévoile des discussions au niveau de l’Union européenne pour renforcer l’efficacité de la prise des empreintes digitales en cas d’entrée irrégulière dans l’Union européenne, y compris par la force, y compris sur les mineurs ou d’autres personnes vulnérables.

Le règlement européen Dublin III oblige à demander l’asile dans un seul pays européen, qui est très généralement le pays d’entrée dans l’Union européenne, la prise des empreintes digitales lors du passage irrégulier de la frontière et leur transmission à la base européenne Eurodac faisant foi. Hors les pays d’entrée ne présentent pas des conditions d’accueil satisfaisantes, voire violent les droits des réfugiés.

Certain de ceux-ci le savent, et refusent quand ils le peuvent de donner leurs empreintes. Plutôt que d’améliorer l’accueil des réfugiés et le respect de leurs droits, l’Union européenne préfère systématiser la prise d’empreintes, par la force au besoin.

Article en anglais :

http://www.statewatch.org/news/2015/feb/forced-fingerprinting.htm

 

 

QUAND FRONTEX DEMANDE AU GOUVERNEMENT ITALIEN DE NE PLUS SAUVER LES EXILÉ-E-S EN MER

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En réponse à la lettre du directeur de la division opérationnelle de l’agence européenne FRONTEX de cessé les opérations de sauvetage des exilé-e-s en Méditerranée, un appel de plusieurs associations et réseaux inter-associatifs. Une action aura lieu à Berlin le 25 mars à l’occasion de la présence de Klaus Rösler à une conférence des polices eurpéennes.

 

http://afrique-europe-interact.net/1294-2-Appell.html

« Push Back Frontex!

Contre la nouvelle politique meurtrière de non assistance en mer.

Dans sa lettre du 9 décembre 2014,  Klaus Rösler, directeur de la division opérationnelle de Frontex, a demandé au ministre de l’intérieur Italien, la marine et les gardes-côtes, de ne plus secourir les migrantEs naufragéEs. Après la fin de l’opération de la marine italienne, MARE NOSTRUM, qui à sauvé plus de 120 000 personnes, et alors que l’opération Triton de Frontex commence,  Rösler a attaqué les autorités de Rome, qui assignent des navires qui « sortent de l’espace opérationnelle de Triton » afin de secourir les bateaux en détresse. Cela « ne correspond pas aux plans opérationnels » et tout les SOS ne nécessitaient pas d’agir, à ajouté Rösler.

Étant l’un des dirigeants de Frontex, il cible la responsabilité des gardes-côtes Libyens qui, comme on le sait, n’existent plus depuis plusieurs mois à cause du conflit armé. Autrement dit : Klaus Rösler a appelé sans aucune ambiguïté, depuis sa haute position dans l’agence européenne pour les frontières, de laisser les nombreuses et nombreux réfugiéEs mourir lors des situations de détresse en mer.

Frontex existe depuis exactement 10 ans maintenant. Déjà depuis ses opérations en mer en 2006, l’agence tient une politique agressive de dissuasion. Afin d’embellir sa réputation, Frontex à suivi ces derniers années les conventions liées aux réfugiéEs, les droits de l’humain et les lois en vigueur en mer. Maintenant, encore une fois, cela prouve que ce n’était qu’une façade, une campagne de communication fallacieuse pour une agence qui, depuis 2005, est une force motrice du régime européen aux frontières. En dehors des opérations en mer et sur les frontières terrestres, Frontex joue un rôle majeur dans l’armement et l’entraînement des forces de police aux frontières, la délocalisation des frontières avec la coopération des pays non membres de l’UE, la participation au système de surveillance des frontières EUROSUR, l’opération de contrôle Mos Maiorum, en même dans que dans les déportations brutales.

Dans la crise que traverse actuellement la méditerranée centrale, Frontex désire s’assurer que les 25 bateaux et 9 avions de l’opération Triton ne soient employés que sur la zone des 30 miles autour de la cote italienne. Le but non dissimulé de Triton est de réduire l’arrivée sur les cotes européennes et de dissuader les réfugiéEs de la mer. Durant les derniers mois, Watch the Med* à récemment démarré un téléphone d’urgence pour les migrantEs, afin d’appuyer les sauvetages de plusieurs bateaux qui ont précisément eu lieu dans la zone que Frontex demande de ne plus couvrir.

Les équipes de relais téléphonique ont été directement en contact avec des naufragéEs qui seraient mortEs si la politique d’abandon de Frontex avait été appliqué. Cette situation nécessite une réponse des sociétés civiles et de tous les mouvements sociaux : Stoppons ces politiques inhumaines, défendons les droits des réfugiéEs et migrantEs !

De plus, c’est par pure moquerie que Frontex, en Janvier 2015, à accusé les passeurs de « cruauté d’une nouvelle dimension » quand les différents équipages de ce qu’on appel des « bateaux fantômes » ont abandonnés leurs postes pour éviter d’être criminalisés. Sans aucun doute, il y a des gens sans scrupules qui profitent du commerce de la migration en mer méditerranée, cependant, il est clair que ce commerce, ainsi que les milliers de morts en mer sont une conséquence directe de la politique européenne aux frontières.

Tout cela serait du passé si demain, les personnes migrantes et réfugiées pouvaient simplement acheter un billet d’avion ou de ferry, et voyager aussi sereinement et au même prix que les touristes.

Tant que la liberté de circulation ne sera pas appliquée à toutes et tous, les morts en mer ne pourront être prévenues que si les gens en détresse sont rapidement sauvés, quelque soit leur localisation, même dans les eaux Libyennes ! Nous demandons le retrait immédiat de cette directive meurtrière de Frontex. Notre but est de transformer la zone Euro-méditerranéenne, caractérisé par un régime aux frontières meurtrier, en zone de solidarité, de droit à la protection et à la liberté de mouvement.

* http://www.watchthemed.net

Premieres signatures :

Networks Afrique-Europe-Interact, Borderline Europe, Welcome to Europe, FFM, Berlin; All Included, Amsterdam, Flüchtlingsrat (Refugee Council) Hamburg, Stiftung (foundation) :do »

 

 

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DES FAMILLES QUI CHERCHENT DES DISPARUS

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2011 : la chute du régime de Ben Ali. Les gardes-ôtes tunisiens cessent d’empêcher les départs vers l’Europe. Une jeunesse assoiffée de liberté veut jouir de celle de voir le monde. Des milliers de Tunisiens traversent la Méditerranée vers l’Europe. Certains meurent. D’autres disparaissent, leurs familles restent sans nouvelles, dans l’incertitude.

Des familles interpellent les autorités tunisiennes et italiennes. Peut-être leur enfant est-il dans une centre de rétention (durée maximale de la rétention en Italie : 18 mois), peut-être est-il mort.

Quatre ans plus tard, les choses en sont au même point, les autorités tunisiennes et italiennes sont incapables de mettre en place une procédure permettant de rapprocher les cadavres non identifiés trouvés après les différents naufrages et l’identité des disparus.

Un mouvement international de solidarité s’est constitué autour de ces familles. Il appelle à des rassemblements devant les ambassades et consulats de Tunisie mercredi 4 mars 2015.

Voici l’appel des organisations françaises :

 

« Appel aux Rassemblements devant les consulats et ambassades de Tunisie le mercredi 4 mars 2015.
 
 POUR UN MOUVEMENT DE SOLIDARITÉ INTERNATIONAL DE SOUTIEN AUX FAMILLES DES DISPARUS TUNISIENS EN MER MEDITERRANEE
 
Paris Solidarité
 
Rassemblement devant l’ Ambassade de Tunisie
Mercredi 4 Mars 2015 – 18h30 – 20h
Métro Saint François Xavier
 
SOUTIEN AUX FAMILLES DES DISPARUS TUNISIENS EN MER MÉDITERRANÉE
  NON AUX SILENCES ET AUX MÉPRIS DES GOUVERNEMENTS 
VÉRITÉ et JUSTICE    
(FALDI + 40 Organisations)

 

APPEL POUR UN MOUVEMENT DE SOLIDARITÉ INTERNATIONAL DE SOUTIEN AUX FAMILLES DES DISPARUS TUNISIENS EN MER MEDITERRANEE

 Devant les silences répétés et méprisants des différents gouvernements tunisiens, qui se sont succédé depuis la révolution aux demandes des familles pour connaitre le sort des centaines de jeunes Tunisiens disparus en mer depuis la révolution, nous vous demandons d’organiser un mouvement de solidarité international avec la lutte qu’elles ont décidé d’entamer aujourd’hui mardi 24 février 2015 à Tunis un rassemblement devant à la Kasbah siège du gouvernement.

Après la chute du régime, des dizaines de milliers de jeunes Tunisiens issus des quartiers populaires ont traversé la mer méditerranée sur des embarcations de fortune à la recherche d’un avenir meilleur qu’ils n’ont pu trouver dans leur pays. Plusieurs milliers ont pu atteindre les côtes, mais des centaines ont disparus dont beaucoup en mer.

 Quatre ans après ces dramatiques événements, les familles sont toujours désemparées, leurs douleurs s’accumulent de jours en jours devant le refus des gouvernements successifs, y compris l’actuel, de répondre à leur demande de création d’une commission d’enquête dotée de moyens et de compétences afin de connaitre la vérité quant aux sorts des disparus. Nous vous proposons d’envoyer votre soutien à l’adresse suivante : disparus-solidarite@ftdes.net     et d’organiser toutes actions que vous jugerez utiles et des rassemblements devant les consulats et ambassades de Tunisie le mercredi 4 mars 2015.

 LE FORUM TUNISIEN POUR LES DROITS ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX – FTDES 

Des associations du Forum des Associations de Luttes Démocratiques de l’ Immigration – FALDI, solidaires avec les familles des Migrants tunisiens disparus en mer et  appellent à un Rassemblement devant l’ambassade de Tunisie à Paris le Mercredi 04 Mars 2015 – 18h30 – 20h

Avec le soutien de – Premiers Signataires :

– Comité pour le respect des libertés et des Droits de l’ Homme en Tunisie – CRLDHT 

– Association Femmes Plurielles – AFP

– Fédérations des Tunisiens Citoyens des deux Rives – FTCR

– Association des Tunisiens en France – ATF
– Association des Travailleurs Maghrébins en France – ATMF
– Association des Marocains en France – AMF
– Agir pour le Changement  Démocratique en en Algérie – ACDA
– Réseau Euro-maghrébin Culture et Citou=yenneté – REMCC
– Association Démocratique des Tunisiens en France – ADTF 
– Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis  – AFPREDESA
– Immigration Démocratie Développement – IDD 
– Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens – UTIT
– Collectif des Femmes Tunisiennes – CTF
– Comité de Vigilance pour la démocratie en Tunisie – Bruxelles
– Association des Citoyens Originaires de Turquie – ACORT
– Comité pour le développement et le patrimoine  – CDP – (Palestine)
– Association Culture des Deux Rives – ACDR
– Le Manifeste des Libertés
 Association interculturelle de production, de diffusion, de documentation audiovisuelles –  AIDDA 
– Association de Défense des Droits de l’ Homme au Maroc – ASDHOM 
– Association Vérité et Justice Farhat Hached – AVJFH
– Dynamique Citoyenne des Tunisiens à l’ Étranger – DCTE  
– Younga Solidaire – YS
– Collectif Culture et Citoyenneté – 3 C
– Mouvement Citoyen des Tunisiens en France – MCTF
– Association Tunisie Culture et Solidarité – ATCS 
– Association des Tunisiens du Nord de la France – ATNF – Lille
– Association Marocaine des Droits de l’ Homme – AMDH-IDF 
– Centre Euromed Migration et Développement – EMCEMO –  Pays Bas
– Cedetim / Initiative pour une Autre Mondialisation – IPAM
– Le Mouvement contre le Racisme et pour l’ Amitié entre les Peuples – MRAP 
– Sortir du Colonialisme – SDC 
–  Ligue Française des Droits de l’ Homme – LDH  
 
 Association Droit Ici et Là-bas – DIEL 
– Collectif des Sans Papiers – 75 – CSP75
Partis
– Parti El Massar  France (Tunisie)
– Parti El Jomhouri – France (Tunisie)
– Front Populaire Ile de France (Tunisie)
– Parti de Gauche – PG
– Parti Communiste Français – PCF

 

Pentax Digital CameraLampedusa : « Porte de Lampedusa – Porte d’Europe » « Un monument pour les migrants décédés et disparus en mer » de Mimmo Paladino.

LE PROCESSUS DE KHARTOUM

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Pour la Méditerranée occidentale il y a le processus de Rabat, entre les États du l’Union européenne, du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest, pour mettre en place une politique commune visant à empêcher les exilés qui le veulent d’attendre l’Europe.

Il se traduit en ce moment-même au Maroc par une répression somme toute classique : destruction des campements autour des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, rafles, détention arbitraire de centaines d’exilés.

Pour la Méditerranée centrale, un processus analogue se met en place, le processus de Khartoum, qui est la ville où a eu lieu la rencontre initiale. Khartoum, capitale du Soudan, dont le président est sous le coup de plusieurs mandats d’arrestation du Tribunal pénal international pour génocide.

En clair, il s’agit de vider la Convention de Genêve de contenu en s’épargnant le scandale de la dénoncer : les État des l’Union européenne discute avec les chefs d’États génocidaires et les dictateurs des mesures à prendre pour que les réfugiés qui fuient ces génocides et ces dictatures n’atteignent pas l’Europe et ne lui demande pas protection.

Vous pouvez télécharger ici la déclaration du sommet interministériel de Rome (en anglais), qui a lancé le processus de Khartoum.

Ci-dessous la traduction en français par Olivier Favier d’une tribune de Filipo Miraglia, vice-président d’ARCI, association italienne membre de Migreurop :

Italiano : http://ilmanifesto.info/una-scelta-contro-i-migranti/

Français : http://dormirajamais.org/khartoum/

« Le processus de Khartoum: un choix contre les migrants, par Filippo Miraglia.

Filippo Miraglia est vice-président national de l’association italienne Arci. Le 3 décembre dernier, il a publié cette tribune sur le quotidien Il Manifesto en réaction à la conférence ministérielle de lancement du Processus de Khartoum, qui s’est tenue à Rome le 28 novembre. Les médias français sont restés extrêmement discrets sur cette question.

Ces derniers jours, s’est tenue à Rome la conférence ministérielle EU-Horn of Africa Migration Route Initiative, mieux connue comme Processus de Khartoum, du nom de la capitale du pays où a été organisée la première réunion de ce parcours qui a pour objectif la « gestion des routes migratoires en provenance de la Corne de l’Afrique ». La conférence a été présidée par le ministre des Affaires étrangères Gentiloni et par le ministre de l’Intérieur Alfano et elle s’est déroulée sous la présidence italienne de l’Union européenne. Le gouvernement a expliqué qu’on voulait promouvoir des projets concrets pour une gestion plus efficace des flux migratoires dans les pays de la Corne de l’Afrique et dans les pays méditerranéens de transit les plus importants (Libye, Égypte et Tunisie). À ce processus, en plus des 28 états-membres de l’Ue, ont participé la Libye, l’Égypte, le Soudan, le Sud Soudan, l’Éthiopie, l’Érythrée, Djibouti, la Somalie, le Kenya, la Tunisie, pays qui pour la plupart n’offrent aucune garantie concernant les droits de l’homme ou, comme en Érythrée ou au Soudan, sont dirigés par des dictatures sanguinaires. L’Italie a prétendu que « la gestion des flux en provenance de l’Afrique du Nord ne peut être le seul fait d’opérations humanitaires, comme Mare Nostrum, ou de contrôle aux frontières, comme l’opération Triton, gérée par l’agence européenne Frontex ». Le processus de Khartoum doit se concentrer, d’après notre gouvernement, sur un thème de grande urgence : la lutte contre le trafic des migrants (‘smuggling’) et la traite (‘trafficking’). Il pourra par la suite impliquer d’autres thèmes, en cohérence avec les priorités de l’Ue (migration régulière, migration irrégulière, migration et développement et protection internationale).

Dans ce cas aussi on a proposé la politique des deux temps, là où la certitude d’emploi des ressources et des instruments concerne seulement le contrôle et le blocage des flux, alors que sur l’accès régulier on maintient une incertitude totale quant à la temporalité et aux moyens. Le premier pas semble être l’implication de l’Organisation internationale pour la migration (Oim) et de l’Unhcr, à travers des projets de coopération financés par les fonds de l’Ue, avec pour objectif de créer et gérer des camps pour migrants dans les pays de départ et de transit. À côté de cela, qui n’est pas une nouveauté (le camp de Choucha(1) dans le sud de la Tunisie a été longtemps ouvert avec ces mêmes objectifs justement, et ce n’est pas le seul), on pense à une campagne d’information, déjà lancée par le passé avec un échec évident, pour dissuader les personnes de partir, en les informant des risques encourus. Et puis à des projets pour financer la formation des policiers aux frontières.

Concrètement l’objectif de l’Ue, avec le gouvernement italien au premier chef, est d’essayer de transférer nos frontières en Afrique du nord, sinon directement dans les pays de départ, en bloquant dès le départ tant les « migrants » économiques que les demandeurs d’asile, c’est-à-dire ceux qui fuient la guerre et les persécutions. Pour atteindre cet objectif  (qui satisfera Matteo Salvini, madame Le Pen et tous les racistes intérieurs ou extérieurs aux institutions), l’Ue est prête à discuter même avec le dictateur érythréen Issayas Afeworki, qui depuis 1993 gouverne le pays d’où provient un des groupes les plus nombreux de personnes en recherche de protection, précisément à cause du manque de tout semblant de démocratie et de respect des droits de l’homme. Il est utile de rappeler entre autres choses qu’il y a une commission d’enquête de l’ONU sur les crimes commis en Érythrée. Mais les conditions de la démocratie ne sont pas bien meilleures en Somalie et au Soudan, d’où il y a un exode constant de milliers de réfugiés.

L’idée d’externaliser les frontières a déjà été avancée dans le passé par d’autres gouvernements démocratiques. Le premier à le faire officiellement a été Tony Blair. C’est une opération qui risque d’obtenir un large consensus, en mystifiant l’objectif par la lutte contre le trafic d’êtres humains, et qui en réalité relance les raisons du racisme institutionnel, en plus de représenter un vaste business pour les entreprises qui produisent des armes et des systèmes de contrôle. Rappelons qu’il y a un an seulement le gouvernement Letta a signé un accord avec un gouvernement libyen déjà chancelant pour l’installation d’un système de monitorage radar de la frontière sud de ce pays pour une dépense de 300 millions d’euros(2) qui ont été versés au groupe industriel italien Finmeccanica.

Ce processus vise donc à arrêter, loin des yeux de l’opinion publique et en instrumentalisant des arguments apparemment favorables aux réfugiés (« s’ils ne partent pas, ils ne risquent pas leur vie »), ce flux d’hommes, de femmes et d’enfants qui obtiennent toujours une forme de protection de l’état italien étant donné les pays dont ils proviennent. En 2013, l’Érythrée a été le dixième pays de provenance des réfugiés relevant de la compétence de l’Unhcr au niveau global et pour la première moitié de l’année 2014, l’Érythrée, aux côtés de l’Irak et de l’Afghanistan, a été le deuxième pays de provenance de toutes les demandes d’asile présentées. Le pourcentage de reconnaissance du statut de réfugié parmi les personnes provenant de Syrie, d’Érythrée, d’Iraq, de Somalie et d’Afghanistan varie entre 62 et 95 pour cent.

Arrêter les réfugiés en instituant des camps dans les pays de transit (par exemple en Libye) revient à fermer les yeux sur les très graves, et amplement dénoncées, violations des droits de l’homme qu’on y accomplit. En Libye, par ailleurs, une guerre civile est en cours et la gestion des migrants est contrôlée par les milices armées qui utilisent les étrangers, en les retenant prisonniers, comme une source de revenus, sans parler de la pratique répandue des enlèvements aux frontières méridionales, à Koufra et Sebha.

Nous de l’Arci, avec beaucoup d’autres, nous continuons à soutenir que, pour éviter d’autres milliers de morts et disparus en mer, il est nécessaire d’ouvrir dès à présent des canaux d’entrée légaux et parmi eux, étant donné la situation actuelle de crise autour de la Méditerranée, des canaux d’entrée humanitaires. Cela n’a évidemment rien à voir avec l’attribution à des pays indignes de confiance ou à des régimes dictatoriaux la responsabilité d’accueillir ou de se charger des demandes d’asile.

L’Ue et l’Italie doivent abandonner les politiques de prohibition, qui rendent l’accès possible aux seuls canaux illégaux, même pour les demandeurs d’asile, en proposant en revanche une réforme de la législation qui en change complètement l’empreinte pour permettre aux migrants de ne plus avoir à s’en remettre aux mains des trafiquants et des criminels.

Rendre communautaires les politiques d’entrée, en rendant possible la circulation des personnes qui arrivent en Europe pour chercher du travail ou pour demander protection, signifie combattre concrètement ceux qui font des affaires ou spéculent à des fins électorales sur la prohibition des gouvernements. Le Processus de Khartoum est un choix qui va dans la direction opposée et qui peut favoriser dans les faits, en plus des affaires des entreprises qui prospèrent sur la guerre, en plus du racisme politique et institutionnel, le business des voyages de l’espoir, qui souvent se transforment en voyages de mort.

Traduit de l’italien par Olivier Favier. »

 

LES RÉFUGIÉS SYRIENS CONTOURNENT LES BARRIÈRES DE L’EUROPE

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L’instabilité devenue guerre civile en Libye rend difficile et dangereux le départ de ses côtes vers la rive européenne de la Méditerranée. L’Égypte, d’abord accueillante aux réfugiés syriens, leur est bientôt devenue hostile (arrestations, détention dans des conditions indignes, interception des bateaux par les gardes-côtes).

Les Balkans sont une région aux multiples frontières, longue à traverser. La Grèce est un piège qui n’offre aucune condition d’accueil et dont il est difficile de sortir, par l’air avec un faux passeport, par la mer vers l’Italie, ou en traversant les Balkans. La Bulgarie conjugue les mauvaises conditions d’accueil à un autre piège, celui de Dublin III (pays d’entrée dans l’Union européenne, devenant le pays responsable de la demande d’asile, vers lequel les personnes seront renvoyées si elles demandent l’asile dans un autre pays).

Il faut alors contourner l’obstacle. Il y a toujours eu des passages en bateau des côtes turques à l’Italie. Des petits bateaux, yachts, voiliers ou autres, des groupes de quelques dizaines de personnes.

Devant l’importance de la demande solvable, des entrepreneurs changent d’échelle, en achetant de vieux cargos capables de transporter plusieurs centaines de personnes : c’est ce à quoi on assiste depuis la fin de l’année dernière.

Le ministre italien de l’intérieur et de le directeur de l’agence Frontex se sont succédé à Ankara pour obtenir des autorités turques qu’elles bloquent le départ de ces bateaux.

Il y a donc fort à parier que d’autres moyens seront proposés aux réfugiés syriens en quête d’avenir et voulant gagner l’Europe. Les routes s’adapteront aux barrières.

À propos de ces cargos, les médias se sont répandus sur l’inconfort de la traversée, ses dangers, l’enrichissement des entrepreneurs de passage. Ce qui est vrai.

Mais la question politique, c’est la fermeture des frontières européennes aux réfugiés.