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(in English below)

Face aux naufrages et aux morts d’exilé-e-s en Méditerranée, l’action des associations a pris une importance croissante, dérangeant la politique de laisser mourir pour dissuader de venir de l’Union européenne. D’où une inflation de menaces, tentatives de discréditer, de pénaliser l’action des associations (voir ici, ici et ), dans laquelle l’extrême-droite et l’Union européenne se rejoignent.

 

Communiqué de Migreurop :

[FR] www.migreurop.org/article2820.html

« Non-assistance à personne en danger et laisser mourir :

les militants identitaires au secours de la politique européenne de contrôle des frontières

« Collusion avec les passeurs », création d’« un facteur d’attraction », « mise en danger des personnes en migration » : depuis plusieurs mois, les ONG intervenant en Méditerranée pour sauver des vies font l’objet d’attaques et de diffamation de la part de la justice italienne, de l’agence européenne Frontex et dernièrement de l’extrême droite européenne.

 

Fin 2016, l’agence Frontex et le consortium militaire européen Eunavfor Med ont ouvert le bal des critiques dans deux rapports internes : les ONG de sauvetage y étaient accusées de collusion avec les passeurs. En avril 2017, le procureur de Catane (Italie) a repris ces mises en cause et tenté de poursuivre pénalement certaines ONG, avant de reconnaître qu’il n’avait pas de preuves à l’appui de cette « hypothèse de travail ». Ce sont ensuite les gardes- côtes libyens qui ont attaqué, en mai 2017, le bateau de l’association allemande Sea Watch afin de conduire les personnes secourues par l’ONG dans des centres de détention en Libye. Depuis quelques semaines, l’extrême droite européenne s’est lancée dans une consternante opération de collecte de fonds dont le but affiché est de financer des interventions en mer pour « défendre l’Europe » et empêcher les bateaux des ONG de répondre aux obligations internationales de sauvetage en mer.

 

C’est en effet pour répondre à l’inaction volontaire d’une Union européenne obsédée par « l’appel d’air » que plusieurs initiatives privées et associatives ont vu le jour fin 2015. Aujourd’hui, « Blâmer les sauveteurs » et utiliser un « discours toxique » pour décrédibiliser l’action des ONG semblent faire partie

des nouvelles priorités de celles et de ceux qui considèrent que la fermeture des frontières n’a pas de prix, fût-ce celui de la mort de milliers de boat people cherchant à faire valoir leurs droits.  Les personnes qui s’engagent aux côtés des victimes de cette absence de secours sont ainsi désignées à l’opprobre public et deviennent les cibles de campagnes de discrédit. Celles menées par des groupuscules identitaires reprennent la rhétorique des institutions et des gouvernants qui, depuis des années, mènent une « guerre aux migrant·e·s » notamment fondée sur le contournement de toute obligation « humanitaire ». Chaque vie sauvée en mer apparaît ainsi comme une insupportable brèche dans les barrières érigées sur le chemin des personnes en demande de protection internationale. Avec ses outrances racistes, l’extrême droite s’attaquant aux ONG de sauvetage en mer défend ainsi une politique de laisser mourir mise en œuvre de longue date par les États de l’Union européenne.

14 juin 2017 »

 

[EN] www.migreurop.org/article2823.html

« Failure to assist persons in distress and “let die policy” :

Identitarian activists “rescue” Europe border-control policy

 

For months now, NGOs saving  lives in the Mediterranean have had to suffer libels and slander coming from the Italian Justice Department, FRONTEX and the European Far Right. The NGOs are accused of colluding with smugglers, putting people’s lives at risk and acting as pull factors.

 

At the end of 2016, FRONTEX Agency and European Military Complex EUNAVFOR Med made the first move with two internal reports in which they accused the NGOs of collusion with the smugglers. In April 2017, the Italian State Prosecutor in Catania took up these accusations and tried to prosecute some of the NGOs to eventually admit there were no valid elements to sustain his « working hypothesis ». In May 2017, the Libyan coastguards then attacked German association Sea Watch’s boat to abduct  those who had been rescued and finally escort them to detention camps in Libya. A few weeks ago, Far Right European institutions launched a fund raising campaign with the alleged purpose to “defend Europe” and stop NGO boats from actually assisting people in distress at sea as provided by international laws.

 

To counteract the deliberate passivity of an “in-draught” obsessed EU, several private and associative actions were initiated in 2015. Today, it seems that “Blaming the rescuers” and spreading poisonous ideas so as to sap NGOs credibility stand for new priorities of those who think that border closing matters far more than the lives of thousands of “boat people” sailing for their rights.

People who take sides with uncared-for victims are thus pointed out to public disgrace and become the targets of libelous campaigns led by Far Right extremists. These identitarian movements take up the ideological rhetoric of institutions and politicians who have fought an anti-migrant war for years. Their war is based mainly on evading all humanitarian duties.

Each life saved means an inacceptable breach in the barriers set up on the path of people asking for the protection of Nations.

Far Right parties harass the NGOs engaged in sea rescuing with outrageous racist attacks and behave   as active supports of the long lasting EU « Let Die Policy ».

 

June the 14th 2017 »