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Comme en Grèce, des hotspots ont été créés en Italie dans le cadre du renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l’Union européenne. Les exilé-e-s qui y sont emmené-e-s sont enregistré-e-s, ce qui comprend la prise des empreintes digitales. Dans la grande majorité des cas, ça les contraint à demander l’asile dans le pays qui a pris leurs empreintes, en l’occurrence l’Italie, selon le règlement européen Dublin III.

Les personnes qui veulent demander l’asile dans un autre pays refusent donc de donner leurs empreintes digitales. Mais si elles sont dans le hotspot de Lampedusa, et en plus de vexations diverses, les personnes qui refusent de donner leurs empreintes sont bloquées sur l’île, parfois pendant des semaines ou des mois.

En protestation des exilé-e-s ont entamé une protestation et se sont regroupés devant l’église de Lampedusa, certains sont en grève de la faim et de la soif.

Voici la traduction de leur communiqué :

 

« Nous sommes des réfugiés venus ici parce que nous fuyons nos pays en guerre, les pays dont nous venons sont la Somalie, l’Érythrée, le Darfour (Soudan), le Yémen, l’Éthiopie. Le traitement que nous recevons dans le camp de Lampedusa est inhumain (il y a aussi eu des cas de mauvais traitements par la police pour forcer à donner ses empreintes digitales). Si nous ne laissons pas nos empreintes les opérateurs de la gestion du centre sont verbalement et physiquement agressif envers nous, il y a des discriminations dans la distribution des repas et ils nous interdisent de jouer au football dans la cour. Les matelas sont mouillés par l’eau qui sort de la salle de bain et cela peut aussi nous causer des maladies.

Il y a des mineurs, des femmes enceintes et des personnes ayant des problèmes de santé qui ne reçoivent pas les soins appropriés.

Nous sommes à Lampedusa, certains depuis deux mois, certains depuis quatre mois.

Jusqu’à ce qu’ils nous donnent une chance de sortir de cette prison pour un endroit où il y a des conditions de vie plus décentes, nous refusons de leur donner nos empreintes digitales.

Nous sommes venus par besoin de liberté, d’humanité et de paix que nous pensions exister en Europe.

Nous ne voulons pas être enfermés dans une prison sans avoir commis un crime, nous voulons une vie plus digne et essayer d’avoir une protection parce que nous fuyons des situations dans lesquelles nous risquons notre vie.

Laisser des empreintes dans ces conditions ne nous laisse pas la liberté de nos choix futurs comme la possibilité de rejoindre nos familles ou des communautés déjà présentes dans les autres pays.

NOUS VOULONS ALLER LOIN DE LAMPEDUSA POUR AVOIR LA PROTECTION QUE NOUS CHERCHONS EN FUYANT NOS PAYS. BEAUCOUP D’ENTRE NOUS SONT EN GRÈVE DE LA FAIM ET DE LA SOIF ET N’ARRÊTERONT PAS TANT QUE NOS REVENDICATIONS NE SERONT PAS SATISFAITES. »

 

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