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L’instabilité devenue guerre civile en Libye rend difficile et dangereux le départ de ses côtes vers la rive européenne de la Méditerranée. L’Égypte, d’abord accueillante aux réfugiés syriens, leur est bientôt devenue hostile (arrestations, détention dans des conditions indignes, interception des bateaux par les gardes-côtes).

Les Balkans sont une région aux multiples frontières, longue à traverser. La Grèce est un piège qui n’offre aucune condition d’accueil et dont il est difficile de sortir, par l’air avec un faux passeport, par la mer vers l’Italie, ou en traversant les Balkans. La Bulgarie conjugue les mauvaises conditions d’accueil à un autre piège, celui de Dublin III (pays d’entrée dans l’Union européenne, devenant le pays responsable de la demande d’asile, vers lequel les personnes seront renvoyées si elles demandent l’asile dans un autre pays).

Il faut alors contourner l’obstacle. Il y a toujours eu des passages en bateau des côtes turques à l’Italie. Des petits bateaux, yachts, voiliers ou autres, des groupes de quelques dizaines de personnes.

Devant l’importance de la demande solvable, des entrepreneurs changent d’échelle, en achetant de vieux cargos capables de transporter plusieurs centaines de personnes : c’est ce à quoi on assiste depuis la fin de l’année dernière.

Le ministre italien de l’intérieur et de le directeur de l’agence Frontex se sont succédé à Ankara pour obtenir des autorités turques qu’elles bloquent le départ de ces bateaux.

Il y a donc fort à parier que d’autres moyens seront proposés aux réfugiés syriens en quête d’avenir et voulant gagner l’Europe. Les routes s’adapteront aux barrières.

À propos de ces cargos, les médias se sont répandus sur l’inconfort de la traversée, ses dangers, l’enrichissement des entrepreneurs de passage. Ce qui est vrai.

Mais la question politique, c’est la fermeture des frontières européennes aux réfugiés.