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Le 7 février, quatre canots chargés chacun d’une centaine des personnes quittent les côtes libyennes vers l’Europe. Dans la nuit du 8 au 9, l’un d’eux est secouru par les gardes-côtes italiens. Sept personnes sont mortes lorsque les secours arrivent, vingt-deux autres meurent avant l’arrivée à Lampedusa. Les vedettes des gardes-côtes sont trop petites, une partie des personnes ont dû rester sur le pont. En hypothermie, elles y sont mortes de froid.

Les bateaux militaires utilisés dans le cadre de l’opération Mare Nostrum, suffisamment grands, auraient permis d’éviter au moins une partie des morts.

Deux autres des canots ont fait naufrage près des côtes libyennes. Seuls neuf personnes sur deux cent seize ont pu être sauvées par les gardes-côtes.

Là encore, l’opération Mare Nostrum permettait le sauvetage près des côtes libyennes.

Le quatrième canot a disparu.

On avait assisté à un cafouillage politique au moment du déploiement de Triton, opération de l’agence européenne Frontex, sans moyens réels de sauvetage, et surtout dont ce n’était pas la mission. Le ministre de l’intérieur italien annonçait la fin de Mare Nostrum, tandis que le porte-parole de la marine répliquait que la marine continuerait les opérations de sauvetage. Bon an mal an des bateaux de Frontex sont allés dans les eaux libyennes au devant d’embarcations en détresse (voir ici, ici, ici, ici et ).

Aujourd’hui, le manque de moyens de sauvetage rend visible la politique voulue par les ministres de l’intérieur britannique et français, et reprise par l’Union européenne et l’Italie : laisser les exilés mourir en mer, pour dissuader les autres d’entreprendre la traversée. Ainsi, moins de demandeurs d’asile en Europe, moins de migrants bloqués à Calais.

Mare Nostrum n’a jamais été une solution, et ne pouvait pas remplacer une politique d’accueil. Au moins l’Italie a-t-elle pendant un an essayé de limiter les morts en mer.

 

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