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La situation reste confuse en Méditerranée centrale. L’opération Mare Nostrum de la marine italienne, qui malgré son caractère militaire avait permis d’aller au-devant des bateaux d’exilés en détresse jusque dans les eaux libyennes, a été prolongée de deux mois, c’est-à-dire jusqu’à la fin de l’année. Les positions européennes qui prévoyaient au départ un remplacement de Mare Nostrum par Triton s’étaient peu-à-peu infléchies jusqu’à rappeler que le sauvetage en mer restait du ressort de l’Italie, et que Triton n’avait pas vocation à s’y substituer.

Triton (aussi appelé au départ Frontex Plus), opération coordonnée par l’agence européenne de surveillance des frontières extérieures de l’Union européenne, s’est déployée début novembre. Son rôle est la surveillance de la frontière maritime de l’Italie, mais aussi l’identification des exilés interceptés en mer. Son rôle est donc en lien avec le fait que l’Italie aie recommencé à prendre les empreintes digitales des exilés, ce qui en fait dans la majorité des cas le pays responsable de leur demande d’asile selon le règlement Dublin III.

En principe, les rôles sont clairs, Mare Nostrum a un rôle de sauvetage en mer et peut se porter au-devant des bateaux en détresse jusque dans les eaux libyennes, Triton se tient à la limite des eaux italiennes et a une mission de surveillance de la frontière. Mais on a pu voir un bateau portugais opérant dans le cadre de Frontex aller au-devant d’un bateau dans les eaux libyennes et ramener ses occupants en Italie. Une certaine confusion règne donc.

En parallèle avec ces opérations maritimes, un processus diplomatique s’est mis en place. En parallèle au « processus de Rabat », qui vise à impliquer les États du sud de la Méditerranée dans la lutte contre l’immigration non-souhaitée par les États européens en Méditerranée occidentale et donc vers l’Espagne, se met en place un « processus de Karthoum ». Il a les mêmes objectifs, appliqués à la Méditerranée centrale, vers l’Italie et Malte, et pour partenaires des États comme le Soudan, l’Érythrée ou la Somalie. La première rencontre du processus a eu lieu à Karthoum du 13 au 16 octobre 2014. La seconde a eu lieu le 28 novembre. Dans ses conclusions, la lutte contre le crime organisé et la traite des êtres humains, et surtout la création de camps pour accueillir les réfugiés en Afrique.

À noter que Omar el-Béchir, président du Soudan, dont la capitale a accueilli la réunion de lancement du processus, fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale.

Plus d’informations en Italien sur le processus de Karthoum :

http://comunicazioneinform.it/conferenza-ministeriale-su-iniziativa-ue-corno-dafrica-sulle-rotte-migratorie-processo-di-khartoum/

http://cartadiroma.waypress.eu/RassegnaStampa/LetturaNL.aspx?dest=fratucello@arci.it&cod=272014SIH403811001

http://www.interno.gov.it/mininterno/export/sites/default/it/sezioni/sala_stampa/notizie/2098_500_ministro/2014_11_28_concluso_processo_Khartum.html