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Pendant des mois, les autorités italiennes n’ont pas assuré une identification des exilés arrivant sur leur territoire comprenant une prise de leurs empreintes digitales et leur transmission au fichier Eurodac, qui est utilisé pour déterminer quel pays est responsable d’une demande d’asile dans le cadre du règlement Dublin III.

Le règlement Dublin, Dublin II puis Dublin III au fil de ses réformes prévoit qu’on ne peut demander l’asile que dans un seul pays signataire (l’Union européenne, l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse), et définit les critères permettant de déterminer quel doit être ce pays. En premier critère, le regroupement avec un membre de la famille demandeur d’asile ou réfugié dans un des autres pays, mais selon la définition la pus limitative de la famille. Le pays qui a délivré un visa ou un titre de séjour. Celui par lequel la personne est entrée irrégulièrement sur le territoire des pays signataires du réglement. Le fichier Eurodac sert à vérifier si la personne n’a pas déjà demandé l’asile dans un autre pays, et s’il n’existe pas un trace de son entrée irrégulière par un autre pays, qui serait alors responsable de sa demande.

Ce système fonctionnerait à-peu-près si tous les États respectaient le droit d’asile d’une manière homogène et s’ils étaient solidaires. Mais on a schématiquement dans les faits les États de la périphérie, par lesquelles se font la majorité des franchissements irréguliers de la frontière, et dont le système d’asile au mieux ne fonctionne pas. Et ceux du nord de l’Europe, dont le système d’asile fonctionne de manière assez correcte, mais qui peuvent selon Dublin renvoyer les demandeurs d’asiles vers le pays d’entrée quand ils trouvent leurs empreintes dans le fichier Eurodac.

Quand l’Italie ne prend pas les empreintes digitales, les personnes peuvent demander l’asile dans un autre pays, cette année cent trente mille personnes. Ce n’est pas de la philanthropie, c’est un moyen pour l’Italie, qui ne veut pas accueillir un grand nombre de demandeurs d’asile, de faire pression sur les autres États pour partager la tâche avec eux. Ce qui est une manière de remettre en cause, au moins ponctuellement, Dublin III.

Il y a deux jours, le gouvernement italien a annoncé qu’il reprenait la prise d’empreintes digitales et leur versement dans Eurodac, sans qu’on sache vraiment les contreparties obtenues auprès des autres gouvernements européens.

Les renvois de demandeurs d’asile vers l’Italie vont donc pouvoir reprendre.